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Les mesures spécifiquement mises en œuvre en Hauts-de-France

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Photo de l'hôtel de ville de Dunkerque, depuis le port
L’ARS Hauts-de-France pilote des actions et mesures pour renforcer l’offre de soins dans les territoires au service des patients.
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Les Hauts-de-France, 3ème région française la plus peuplée, présentent une situation très atypique avec d’importantes différences infra-régionales.

Ainsi, si la densité est globalement élevée, celle-ci masque des zones peu peuplées dans la partie sud essentiellement. La population est jeune mais certains territoires comptent cependant un poids de personnes de 75 ans et plus bien au-delà de la moyenne nationale. Et cela ne risque pas de se modifier à l’avenir car ce sont aussi ces zones qui perdent de la population, active essentiellement et ce depuis très longtemps.
Il faut dire que c’est sur ces territoires, situés pour un grand nombre au Nord-Est, que s’accumulent les difficultés. Ce sont ceux sur lesquels est retrouvée une grande fragilité professionnelle. Plus de deux jeunes de 15-24 ans sur cinq sont au chômage, un sur cinq parmi les actifs de 15 ans et plus. Les parts d’inactifs de 25-54 ans et d’emplois précaires sont aussi très élevées dans cette partie des Hauts-de-France. Cela se retrouve, à un degré moindre, sur la façade maritime, plus particulièrement pour le Calaisis ou ses alentours. Toujours dans cette partie nord, deux foyers fiscaux sur trois sont non imposés sur le revenu ce qui se situe bien au-dessus de la moyenne nationale. 
La situation n’est donc pas homogène au sein des Hauts-de-France, loin s’en faut. Il existe des zones fragilisées alors que d’autres apparaissent plus attractives. En tout premier lieu, Lille est à mentionner avec globalement un nombre d’indicateurs favorables.

Les cancers constituent la première cause de mortalité en 2011-2013 (responsables de près de trois décès sur dix en région et en France hexagonale) et d’admission en affection longue durée (ALD).
Les maladies cardiovasculaires constituent la deuxième cause de mortalité (24,5 % des décès pour les Hauts-de-France et 25,4 % dans l’Hexagone) et les ALD en lien avec une pathologie cardiovasculaire représentent près de trois admissions sur dix (28,5 % en région et 29,2 % au niveau national).
Les trois causes de décès suivantes sont, dans des proportions relativement proches (et suivant un ordre différent entre la région et la France) : les maladies de l’appareil respiratoire, les causes externes de mortalité et les maladies du système nerveux (respectivement 7,3 %, 6,8 % et 6,4 % des décès en région et 6,6 %, 6,7 % et 6,3 % en France).

Beaucoup a déjà été fait dans la région, par l’Agence, par les acteurs de la santé, par les collectivités, pour faciliter l’installation des professionnels, pour améliorer leurs conditions d’exercice, pour accompagner l’évolution des pratiques, etc.
Comme dans d’autres régions, la situation dans certains des territoires reste malheureusement préoccupante. Elle appelle une mobilisation continue et accrue pour permettre à chacun d’avoir accès à une médecine de qualité, dans des délais et dans des conditions compatibles avec sa situation. Cela passe inévitablement par un renforcement de l’attractivité des territoires, qui seule peut donner envie à un médecin et sa famille de vivre à un endroit plutôt qu’à un autre. Cela passe aussi par la multiplication des initiatives locales, des innovations, par l’accompagnement personnalisé des professionnels de santé, projet par projet, territoire par territoire, et par un plein usage des outils et des moyens dont ce plan nous dote désormais.

Pour en savoir plus sur le diagnostic territorial en Hauts-de-France

La filière d’excellence santé, pour favoriser l’accès aux études médicales

Parce qu'il est plus facile de fidéliser un jeune médecin formé dans une région, lorsqu’il est originaire de ce territoire et qu’il y a ses attaches familiales et amicales ; l’ARS a lancé l’initiative « Filière d’excellence », qui vise à renforcer les chances de réussite de lycéens originaires de territoires prioritaires (territoires en manque de professionnels de santé et situés en zone d’éducation prioritaire).

Ils sont accompagnés de la classe de seconde à la première année commune aux études de santé (PACES) : présentation des métiers, cours supplémentaires dont certains dispensés par des médecins, tutorats, stages pendant les vacances, soutien logistique… Ce dispositif novateur est soutenu et accompagné par le rectorat et le Conseil Régional. Il est actuellement déployé dans le sud de la région.

Six lycées participent à l’expérimentation depuis 2015 : quatre dans l’Aisne (Chauny, Hirson, Laon, Saint-Quentin), un dans l’Oise (Beauvais), un dans la Somme (Montdidier). Ils seront bientôt 9. L’ARS Hauts-de-France souhaite pérenniser et étendre ce dispositif au Nord et au Pas-de-Calais.

Depuis 2016, plus de 400 lycéens de 1ère et terminale bénéficient de la filière d’excellence santé avec un taux de réussite équivalent aux autres étudiants.

Développer les coopérations entre les professionnels de santé afin de rendre un meilleur service à la population

Les consultations avancées

L’ARS hauts-de-France et ses partenaires (CPAM, Ordre des médecins, professionnels…) ont développé les consultations avancées : une pratique qui rend possible pour un médecin de réaliser des vacations (en libéral, à l’hôpital...) dans un territoire où la densité médicale est faible. Cela permet par exemple à un patient de rencontrer un spécialiste hospitalier dans une Maison de Santé Pluridisciplinaire.

  • La MSP de Fruges, dans le Pas-de-Calais, propose par exemple, chaque mois, des plages de consultations sur différentes spécialités (addictologie, gérontologie, gynéco-obstétrique, gastro-entérologie...) en coopération avec des centres hospitaliers et des professionnels de santé libéraux, au bénéfice des habitants des 48 communes du territoire.
  • Le professionnel de santé, lui signe un « contrat de solidarité territoriale médecin » avec l’ARS pour percevoir une aide à l’activité correspondant  à 10 % des honoraires perçus.

Les contrats d'aide à l'installation

Par ailleurs, l’ARS avec l’Assurance Maladie promeut les autres contrats issus de la nouvelle convention médicale afin de favoriser l’installation des médecins dans les zones sous-denses (le contrat d’aide à l’installation des médecins, le contrat de stabilisation et de coordination, le contrat de transition pour les médecins). 

Le dispositif d’assistant partagé

Ce dispositif permet à tous les jeunes médecins diplômés d’exercer à la fois à l’hôpital et dans un cabinet, une MSP, un centre de santé... en zone sous-dense. Il fera l’objet d’une démarche conjointe entre l’ARS, l’hôpital, les collectivi- tés locales et l’Union Régionale de Professionnels de Santé leur offrant la possibilité d’exercer dans un hôpital de la région tout en continuant à se former au CHU, et en leur garantissant un poste de de praticien hospitalier après avoir été assistant.

Le contrat de médecin adjoint

Ce  contrat permet à des internes d’exercer en zones à fort afflux touristique ou en cas d’épidémie, en renfort temporaire d’un médecin déjà installé. Il a déjà été mis en place dans l’Oise.

Favoriser les stages ambulatoires des professionnels de santé en formation

L’Agence fait aussi une large promotion de la maîtrise de stage auprès des professionnels de santé libéraux. En lien avec les Facultés de médecine de Lille et d’Amiens, l’ARS développe la délocalisation

Sous l’impulsion de l’ARS, la télémédecine est aujourd’hui une réalité dans les Hauts-de-France

Elle permet :

  • de consulter à distance,
  • de s’assurer du suivi d’un traitement
  • ou de faciliter le partage d’informations et d’avis entre professionnels de santé, voire d’accéder plus rapidement à une consultation de spécialité.

Elle complète ainsi l’offre de consultation des médecins en cabinet, en réduisant les contraintes géographiques et démographiques.
Plusieurs expérimentations sont mises en place et financées par l’ARS :

  • La télé-expertise pour la détection des tumeurs cutanées dans l’Aisne, l’Oise et la Somme : grâce à ce dispositif, 91 médecins généralistes peuvent demander une expertise à distance à des confrères dermatologues.
    A ce jour, plus de 500 avis de dermatologie ont été réalisés. 70% sont rendus en moins de 48h.
    L’extension de cette expérimentation aux départements du Nord et du Pas-de-Calais est à l’étude.
  • La télé-expertise pour la prise en charge des plaies chroniques ou complexes dans le Sud- Avesnois, entre trois MSP et le centre hospitalier de Sambre-Avesnois : cette initiative contribue à pallier à l’absence de dermatologue libéral sur le territoire.
    Les professionnels de santé envoient les clichés des plaies, par messagerie sécurisée, à une équipe de dermatologue de l’hôpital qui rend un avis rapide sur la prise en charge à réaliser.
  • Des téléconsultations de cardiologie sont accessibles pour les patients de la MSP de Laventie et les résidents de l’Ehpad Saint-Jean de-Laventie, en coopération avec le centre hospitalier d’Armentières. Cette expérimentation offre aux patients à haut risque cardiovasculaire l’accès à des consultations spécialisées, sans avoir besoin de se déplacer.
    200 consultations ont été réalisées en 2017.
  • Des téléconsultations en soins palliatifs, iatrogénie médicamenteuses, gériatrie et psychogériatrie sont accessibles pour les patients de 12 EHPAD du Nord, en coopération avec des centres hospitaliers de leur territoire. Cette expérimentation permet notamment de faciliter l’expertise et d’améliorer la prise en charge des personnes âgées atteintes de plusieurs pathologies.
    300 consultations ont été réalisées en 2017.

Des financements sont alloués par l’ARS aux établissements sanitaires, médico-sociaux ou structures d’exercice coordonné pour l’accompagnement, la mise à disposition de locaux et l’investissement nécessaire à la télémédecine.

 

100% des étudiants externes de médecine réalisent un stage chez un médecin généraliste

  • 460 maîtres de stages en médecine générale accueillent des internes

70 contrats afin de favoriser l’installation des médecins dans les zones sous-denses (le contrat d’aide à l’installation des médecins, le contrat de stabilisation et de coordination, le contrat de transition pour les médecins)

  • 400 contrats d’assistants partagés entre hôpitaux publics
  • et 40 postes d’assistants partagés ont été financés entre établissements par l’ARS

223 contrats signés CESP
 

5 millions d'€ alloués par l’ARS depuis 2012 pour accompagner les MSP

  • 81 MSP ouvertes, 105 projets en cours
  • 93 centres de santé polyvalents